dimanche 29 mars 2020

Chat alors !

Sans défauts apparents voilà que surgit, issu des myriades infinies du microsillon, un disque bien curieux  : Les Chats Renaissance. Sous la main du génial Jean Pierre Massiera, sorcier de studio détraqué, responsable de projets délirants tels que Les Maledictus Sound, Horrific Child, Visitors and Venus Gang, il signe un premier disque en 1967, le SP "Bonne année, douce nuit" afin de présenter ses vœux ainsi que son  Studio d'Enregistrement Méditerranéen qui donnera son nom au label SEM. En 68, sous le nom de Basile, il publie"Engins bizarres et gens étranges" inspiré d'un titre de Napoleon XIV.  C'est le début d'une délirante série de productions musicales en marge des grands courants commerciaux. Son parcours est insaisissable touche à tout légendaire avec une constante obsession pour le pastiche, la subversion, les sabotages musicaux et l'humour noir, Jean Pierre Massiera devient une référence notoire et pourtant mal connu. En 1972, parait donc Hermaphrodites, assisté de Bernard Torelli, Massiera signe un disque complètement foutraque, où se croisent chansons mélasses underground, heavy survitaminé prog. En ouverture, le rocambolesque ''Aimez Vous les uns sur les autres ''clin d’œil irrévérencieux à l'esprit post 68 réactionnaire. Les titres qui suivent sont tout autant burlesques, God Money, titre satirique, tire à boulets rouges sur l'argent. Le Gâteau du peuple avec son sample du Pink floyd, est une critique du pouvoir. Sorte de pièce théâtrale, presque opéra rock, le disque se poursuit avec l'étonnant Vive le progrès qui sonne comme un single. Unique en son genre, Hermaphrodites, sortira incognito très vite aspiré le Glam rock. Qu'importe, rien ne ralentira Jean Pierre Massiera qui enchaînera productions en tous genres jusqu'à se noyer dans une soupe disco FM sans saveur.






vendredi 27 mars 2020

De loin ou Dupré

Avec une flemme presque lascive dans la voix, Jean Noel Dupré a sans aucun doute, fait tourner la tête aux midinettes. Ce 45 tours paru en 1972 - de loin son plus inspiré - se classe aisément dans la catégorie des chansons psychédéliques. Oui, on songe à Gainsbourg et l'auteur de ces deux titres n'aimait pas la comparaison. Elle m'a laissé tomber du quatrième étage en Face A avec son texte décalé, ses percussions, ses orchestrations presque soul, chanson toute en retenue, où l'on ne perçoit pas de refrain, Dupré sort des conventions classiques. En Face B, le délicieux After Shave, étourdissant et envoûtant, sublimé par une emphase musicale, basses ronronnantes, tempo décontracté. Par la suite, Jean Noel Dupré change de direction pour une musique plus convenue, se prêtant même à la parodie et à la chanson mièvre assumant même son côté kitsch. En 1978, la bêtise c'est comme un rhume est peut être son dernier titre mémorable. On le verra même chanter chez Pascal Sevran....





jeudi 26 mars 2020

Roblot chant

La carrière musicale de Etienne Roblot en tant que chanteur  se résume à deux 45 tours. Le premier en 1968 lui vaudra même quelques passages télé avec Julie Bonbon et l'hilarant Fernand. On songe à Ricet Barrier dans l'intonation, chanson pastiche du terroir. Il enchaîne l'année suivante enregistrant même un scopitone pour la promotion de son nouveau titre " le pied droit devant le pied gauche" que l'on retrouve en face B et qui démontre une fois de plus, qu'une chanson secondaire vole parfois la vedette à la fameuse Face A censée être le titre phare d'un disque. Le titre Maguy n'en est pas pour autant décevant, au contraire, les deux compositions sont même plutôt réussies et leurs refrains entêtants. Il s'entoure même d'un gourou de studio du nom de Jean Claude Petit. Succès d'estime voire même discret, le bonhomme n'abandonne pas pour autant les studios, il participe aux sessions d'enregistrement du premier album de François Wertheimer en 1970 puis aux côtés de Barbara pour l'album La Louve. Durant les années 80, il se tourne ensuite vers les prises de sons de spectacles ( Raymond Devos) et disparaît complètement des radars. 




mercredi 25 mars 2020

Elle visse des clous

Qui connait Elvis Platiné ? Levez la main ! Personne ?  En France, tout a été possible, le pire comme le meilleur, cette liberté musicale répondait à un besoin irrépressible d'expression suite à l'émergence des radios libres. Le nombre de productions tous azimuts envahissait les ondes FM, les rayons des disquaires. Après le Golf Drouot, les maisons de disques prenaient le relais, offrant une chance inouïe à de nombreux musiciens de promouvoir leurs créations.
Revenons en à Elvis Platiné. On songe à Au Bonheur Des Dames, tant à l'esthétique qu'à la parodie du genre. Le groupe s'est illustré dans une musique de film avec un titre Saloperie de rock'n'roll en 1980 en compagnie de Starshooter, de Téléphone, Ganafoul. Denis Benoliel a officié aussi avec Albert et sa fanfare poliorcetique en 1972. Elvis Platiné publie ce deuxième 45 tours en 1982, un tantinet satyrique, C'est Bonnard qui ouvre le disque, avec son refrain digne d'une kermesse bucolique. En Face B, l'idole des travailleurs qui démarre avec une intro presque new wave, presque moralisateur, dézingue le travail, à l'inverse du titre précédent.
Faute de succès, ce sera le dernier disque de Elvis Platiné.





Sirop

Au départ Réservé était un duo articulé autour de deux compositeurs basés à Bruxelles. Encore hésitant, le projet est essentiellement destiné à une tentative éphémère, sans réel objectif. Il faudra attendre 1983 pour que Réservé devienne un trio avec l'arrivée d'une chanteuse qui apportera un relief non négligeable sur les compositions. Le groupe se produira rarement sur scène, restant dans l'ombre, et marginalement diffusé sur les radios. Nostalgie D'Hollywood est donc le premier essai et cela s'entend. On est pas loin de la chanson sirupeuse, aux antipodes de ce que proposera le groupe l'année suivante. Manque d'inspiration, ou peut être, trop hésitant, le single ne semble pas être un succès. En retournant le disque, Rock Glacé semble échappé du passé, un hommage aux années 50. Il fallait absolument que le duo prévoit une voix et sur le refrain, on y perçoit la future chanteuse. Comme quoi, une voix féminine change tout. Le disque est malgré tout recherché des collectionneurs.




mardi 24 mars 2020

Un jack un !

Quand on écoute Claude Jacquin on pense irrémédiablement à Bernard Lavilliers, du moins dans l'intonation, le phrasé, faut dire que les deux lascars se connaissent, le Bébert lui aurait même proposé de chanter "la grande marée" titre issu du 33 tours "le Stéphanois". Mais que nenni ! le bougre en fait à sa tête, passant à côté du succès. La discographie de Mr Jacquin flirte avec le jazz, la chanson à texte, sans être très convaincante, l'artiste écume les petits festivals. Quelques passages radios, il participe à l'émission de Jean Louis Foulquier, mais sa musique reste mineure. En 1978, il enregistre Générations avec la participation de Sauveur Mallia, disque presque funky, presque réussi, presque branché. L'album s'ouvre avec Boite à coton, qui évoque vaguement Michel Jonasz ( sans le chant nasillard du jazzeux). Le tempo ralentit et se ramollit, alors que sur la pochette, le chanteur est affublé d'un bouquet de dynamite, on s'attendait à une musique sur-vitaminée !  Le titre Générations est un clin d’œil aux décennies que le bonhomme a traversé, du rock qui tâche, d'la verve qui s'lâche. L'album se termine avec Paranoïa, titre le plus efficace musicalement.




lundi 23 mars 2020

Vers quelle heure

Mauvais goût ? Provocation ? Dès sa sortie, le couperet tombe, la pochette de ce curieux 45 tours est censurée. François Wertheimer vient de publier son premier album, un bien étrange disque, parsemé de folk barré et de comptines hallucinées. En parallèle, il compose deux titres inédits sur le label BYG Records. Du même acabit que ses précédentes chansons, le compagnon de voyage est bien plus hanté, saturé et lysergique. Les arrangements assurés par William Sheller font penser irrémédiablement aux orchestrations vertigineuses du Popera Cosmic.  
En face B, L'automne et sa rythmique furieusement groovy, démarre en trombe et comme un cauchemar éveillé, s'appesantit dans une noirceur tenace. Convulsive et haletante, la voix se noie dans les solos acides, laissant quelques mots à la surface. 
Après cela, Wertheimer se met à l'écart, du moins dans l'ombre, puisqu'il composera pour sa muse Barbara et produira entres autres, plusieurs disques dont Gomina, une comédie rock. Il devient aussi écrivain, metteur en scène et même cinéaste.
Il enregistre en 1977 un disque Fermez les yeux, marquant un bref retour à la chanson.